Guide · Réponse à incident cyber
Une machine qui affiche un message de rançon, une messagerie qui envoie de faux relevés bancaires à des clients, un virement découvert après coup : quand une attaque survient, l’entreprise doit agir vite et dans le bon ordre. Cette page s’adresse aux dirigeants, aux office managers, aux DAF et aux responsables informatiques qui veulent comprendre ce que recouvre une réponse à incident cyber, quand la solliciter, comment se déroule une intervention et quels points comparer avant de choisir un prestataire.
Sommaire
Réponse à incident cyber, c’est quoi ?
La réponse à incident cyber désigne l’ensemble des actions menées après une attaque avérée ou fortement suspectée : contenir la menace, comprendre comment elle a pénétré, la supprimer, remettre les systèmes en service et traiter les obligations qui en découlent. Elle ne se confond ni avec la prévention ni avec la maintenance courante, même si les trois s’alimentent.
Contenir avant de comprendre
Dans les premières heures, l’objectif est d’arrêter la propagation. Les machines et les comptes touchés sont isolés du réseau, sans être éteints, afin de conserver les traces utiles à l’analyse. Les gestes d’urgence, souvent simples, se donnent dès le premier échange, avant même le début de l’intervention proprement dite.
Comprendre pour éradiquer
L’investigation numérique cherche le point d’entrée, les comptes compromis, les indicateurs de compromission et l’étendue réelle de l’attaque. Ce n’est qu’une fois ces éléments établis que la menace est retirée de l’ensemble du parc. Restaurer depuis des sources saines, plutôt que de nettoyer à la hâte une machine dont le passé reste inconnu, évite une seconde infection.
Quand faut-il s’en occuper ?
Une réponse à incident s’impose dès qu’une attaque est avérée ou fortement suspectée. Plusieurs situations doivent conduire à solliciter un spécialiste sans attendre :
- Un message de rançon affiché sur les écrans, ou des fichiers renommés et devenus illisibles sur un serveur.
- Une messagerie piratée, qui adresse des courriels trompeurs aux clients ou aux fournisseurs, par exemple de faux RIB.
- Un virement frauduleux découvert après coup, alors que les fonds ont déjà quitté le compte.
- Un antivirus désactivé sans explication, ou des journaux d’événements disparus.
- Un serveur qui ne redémarre plus après une alerte, sans que personne sache ce qui a été modifié.
- Des clients ou des fournisseurs qui signalent des courriels suspects envoyés au nom de l’entreprise.
- Des comptes administrateur utilisés à des heures ou depuis des postes inhabituels.
Une attaque ne se reconnaît pas toujours à un message spectaculaire. Une lenteur inhabituelle, des connexions à des heures sans activité ou une messagerie qui envoie des courriels que personne n’a rédigés sont des signaux qui justifient un contrôle rapide. Dans le doute, mieux vaut faire vérifier un signal faible que le laisser s’étendre : un appel précoce est plus efficace qu’une vérification prolongée en interne, menée sans méthode.
Comment se déroule un projet
Une intervention suit en général trois temps, et l’ordre compte autant que le contenu.
Avant : qualifier la situation
Un premier échange permet de comprendre ce qui se passe, quels systèmes sont touchés et quels risques pèsent immédiatement. Le prestataire indique les gestes à faire tout de suite : couper la connexion des machines concernées sans les éteindre, ne pas engager de paiement, conserver les traces et noter l’heure des premiers symptômes. Ce premier échange sert aussi à rassembler ce qui sera utile plus tard : liste des machines et des comptes concernés, messages reçus, contrats et assurance en vigueur. Le planning se précise ensuite, en fonction de l’urgence et de l’état des lieux.
Pendant : contenir, analyser, restaurer
Le confinement stoppe la propagation. L’investigation établit le point d’entrée et l’étendue de l’attaque. L’éradication retire la menace, puis la restauration remet l’activité en service à partir de sources vérifiées. Les responsables de l’entreprise sont tenus informés des étapes et des décisions à prendre, notamment lorsqu’une interruption de service est nécessaire. Chaque action donne lieu à une trace écrite, ce qui permet de savoir ce qui a été fait, sur quel poste et à quel moment, y compris pour les besoins de l’assureur.
Après : obligations et retour d’expérience
Le dossier de l’incident sert à plusieurs destinataires. L’assureur demande souvent une déclaration, un dépôt de plainte peut être nécessaire, et une notification à la CNIL s’impose si des données personnelles ont pu être compromises et que le risque pour les personnes le justifie, dans les délais prévus par le RGPD. Le site cybermalveillance.gouv.fr propose par ailleurs des consignes générales. Un retour d’expérience écrit clôt l’intervention et liste les mesures qui évitent une reproduction.
Ce qui distingue une bonne offre
Deux propositions peuvent paraître proches et différer sur l’essentiel. Une offre solide précise d’abord son périmètre : postes, serveurs, messagerie, sauvegardes et accès distants sont-ils tous concernés ? Elle indique ensuite les horaires couverts et la manière de joindre un intervenant en dehors des heures ouvrées. Elle distingue les actions qui peuvent être engagées immédiatement, comme l’isolement d’une machine, de celles qui demandent une validation. Elle décrit la préservation des traces, qui conditionne la déclaration à l’assureur et une éventuelle plainte. Enfin, elle prévoit la durée de conservation des journaux et la remise d’un rapport écrit. Il est également utile de savoir qui, côté entreprise, valide les décisions : le dirigeant, le responsable informatique ou le prestataire habituel. Une offre qui clarifie ce point évite les hésitations au moment où chaque heure compte. Ces réponses doivent figurer dans la proposition, et non seulement être données à l’oral, afin de pouvoir être comparées sereinement.
Les erreurs fréquentes
- Éteindre les machines pour tout arrêter. La parade : isoler du réseau et conserver l’état des systèmes, pour que les traces restent exploitables.
- Nettoyer sans comprendre. Supprimer le logiciel malveillant sans identifier le point d’entrée laisse souvent la porte ouverte. La parade : investiguer avant d’éradiquer.
- Restaurer une sauvegarde sans la contrôler. Une copie déjà contaminée réinfecte le parc. La parade : vérifier qu’elle est antérieure à l’intrusion et saine.
- Attendre pour prévenir. Retarder l’information de l’assureur ou de la direction complique les démarches. La parade : un plan écrit, qui indique les interlocuteurs à joindre en premier.
- Laisser les accès administrateur inchangés. Un compte compromis reste actif tant qu’il n’est pas désactivé. La parade : réinitialiser les identifiants concernés une fois l’accès contenu, en commençant par les comptes à privilèges.
- Chercher un prestataire le jour même. Le choix se fait alors dans l’urgence, sans procédure connue. La parade : un contrat d’intervention préalable et une procédure testée à l’avance.
Les questions à poser avant de signer
Le prestataire est-il joignable en dehors des heures ouvrées, et quels horaires sont réellement couverts par des intervenants ? Quelles actions peut-il engager sans validation préalable, et lesquelles demandent votre accord ? Les traces sont-elles préservées pour l’assureur et pour une éventuelle plainte, et pendant combien de temps les journaux sont-ils conservés ? La restauration part-elle de sources vérifiées saines, et qui contrôle ce point ? Un retour d’expérience écrit est-il remis à la fin de l’intervention ? Quelle est la suite proposée après l’intervention, qu’il s’agisse du renforcement des protections ou de la formation des équipes ? Les réponses doivent figurer dans l’offre.
Pour démarrer, décrivez votre situation dans le formulaire : un spécialiste de la réponse à incident vous recontacte, gratuitement et sans engagement.