Guide · Sauvegarde informatique
Une copie qui n’a jamais été restaurée ne protège pas grand-chose. Dans une PME, la sauvegarde informatique se pense souvent après l’incident : un poste qui ne démarre plus, un dossier effacé par erreur, des fichiers chiffrés qui bloquent l’activité. Cette page s’adresse aux dirigeants, aux office managers, aux DAF et aux responsables informatiques qui veulent savoir ce qu’une sauvegarde doit couvrir, comment la faire tester et comment comparer les propositions avant de signer.
Sommaire
Sauvegarde informatique, c’est quoi ?
La sauvegarde informatique consiste à conserver, en dehors du système de production, des copies des données et des éléments de configuration nécessaires pour reprendre l’activité après une perte. Elle couvre les serveurs, les postes de travail, les logiciels métier, les bases de données et, de plus en plus, les services hébergés en ligne comme la messagerie ou les espaces de fichiers partagés.
Ce qu’une sauvegarde doit couvrir
Le périmètre se décide à partir d’un inventaire, pas d’un souvenir. Il faut lister les serveurs, les postes qui contiennent des fichiers absents ailleurs, les logiciels métier avec leurs bases, les dossiers partagés et les services en ligne. Les éléments oubliés sont souvent les plus gênants le jour où l’on en a besoin : une application installée sur un poste isolé, un tableur qui sert de référentiel, une messagerie supposée protégée par défaut.
Copies, versions et copie hors site
Une stratégie solide combine plusieurs copies, sur des supports différents, dont au moins une conservée hors des locaux. Le versionnage permet de revenir à une version antérieure d’un fichier modifié ou supprimé, et la durée de conservation définit combien de temps ces versions restent disponibles. Ces réglages déterminent ce qui peut être récupéré, et jusqu’à quelle date.
Quand faut-il s’en occuper ?
Le sujet remonte rarement tant que tout fonctionne. Les situations suivantes reviennent souvent :
- Un disque externe branché de temps en temps : la copie existe, mais personne ne sait à quelle date elle remonte ni si elle est à jour.
- Une sauvegarde qui n’a jamais été restaurée : tant qu’aucun essai n’a eu lieu, rien n’indique qu’elle fonctionnera le jour venu.
- Une messagerie en ligne supposée protégée : les services hébergés assurent leur disponibilité, mais la restauration d’un message supprimé ou d’un dossier écrasé relève souvent d’une sauvegarde distincte.
- Un NAS de sauvegarde posé dans le même local que le serveur : un incendie, un dégât des eaux ou une surtension touchent alors les deux à la fois.
- Des alertes d’échec que personne ne lit : le système signale un problème, mais le message part dans une boîte que personne ne consulte.
- Un rançongiciel qui chiffre aussi les copies accessibles depuis le réseau : une sauvegarde toujours connectée peut être chiffrée avec le reste.
- Des fichiers supprimés découverts trop tard : la corbeille ne suffit pas, et la copie la plus récente ne contient plus le fichier recherché.
- Un seul salarié capable de restaurer : si cette personne s’absente ou quitte l’entreprise, la reprise dépend entièrement d’elle.
Comment se déroule un projet
Avant : cadrer le besoin
Le projet commence par un inventaire des données et des systèmes, puis par une discussion sur ce que l’entreprise peut se permettre de perdre. Deux notions guident les choix : l’objectif de reprise, c’est-à-dire le temps acceptable pour remettre un service en marche, et la perte de données admissible, qui fixe l’ancienneté maximale des copies restaurables. Ces réponses conditionnent la fréquence des sauvegardes et le type de support retenu. Le prestataire relève aussi les volumes, leur croissance prévisible et les accès existants.
Pendant : mettre en place le dispositif
La mise en place comprend le paramétrage des tâches de sauvegarde, la copie protégée contre la modification, la sauvegarde des services en ligne lorsqu’ils sont concernés, et la configuration des alertes. Les identifiants d’administration de la sauvegarde sont séparés de ceux du réseau courant, afin qu’un compte compromis ne donne pas accès aux copies. La première sauvegarde complète est vérifiée avant que le chantier soit considéré comme terminé.
Après : tester et suivre
Une fois le dispositif en service, il reste à le faire vivre. Des restaurations d’essai sont planifiées, portent sur des fichiers et des systèmes choisis, et donnent lieu à un compte rendu : ce qui a été restauré, en combien de temps, et ce qui a posé problème. Les rapports de supervision sont relus par une personne désignée, et le périmètre est revu à chaque arrivée d’un logiciel ou d’un service.
Ce qui distingue une bonne offre
Deux propositions de sauvegarde peuvent sembler proches et couvrir des réalités très différentes. Pour les comparer, commencez par le périmètre écrit : quels serveurs, quels postes, quels services en ligne, quels logiciels métier. Une offre qui ne nomme pas les données en ligne laisse une zone non couverte.
Vérifiez ensuite la description des copies : combien, sur quels supports, à quel endroit, et si l’une d’elles est protégée contre la modification ou la suppression par un compte compromis. Demandez comment sont gérées les versions et la durée de conservation.
Regardez aussi ce qui est prévu pour les restaurations : la fréquence des essais, leur format, le compte rendu remis et la personne qui le reçoit. Un objectif de délai de reprise doit être exprimé comme une cible à vérifier par des essais, et non comme une promesse qui ne repose sur aucun test.
Enfin, précisez la réversibilité : en cas de fin de contrat, l’entreprise doit pouvoir récupérer ses données et ses copies dans un format exploitable. Une offre qui détaille ces points rend les devis réellement comparables.
Les erreurs fréquentes
- Confondre synchronisation et sauvegarde. Une synchronisation reproduit aussi la suppression ou le chiffrement d’un fichier. Parade : conserver des versions antérieures, dans un espace distinct de la copie de travail.
- Ne jamais tester la restauration. Une sauvegarde reste une hypothèse tant qu’aucune restauration n’a été faite. Parade : planifier un essai et le documenter.
- Garder la copie branchée en permanence. Une copie accessible en continu depuis le réseau peut être atteinte par la même attaque que les données. Parade : une copie déconnectée ou protégée contre la modification.
- Oublier les services en ligne. La messagerie et les espaces de fichiers hébergés ne sont pas forcément couverts par la sauvegarde des serveurs. Parade : inventorier ces services et vérifier ce qui peut réellement être restauré.
- Laisser les alertes sans destinataire. Un échec signalé à personne n’est pas corrigé. Parade : désigner un destinataire principal et une personne de secours.
Les questions à poser avant de signer
Ces questions permettent de vérifier le dispositif avant la signature. Elles valent aussi bien pour un prestataire que pour un outil déployé en interne.
Une copie est-elle hors des locaux et protégée contre la modification ? Demandez où elle est conservée, qui peut la supprimer, et si un compte compromis peut l’altérer.
Les restaurations d’essai sont-elles planifiées et documentées ? Demandez la fréquence, les fichiers testés et le format du compte rendu.
Qui reçoit les alertes d’échec ? Une alerte sans destinataire identifié n’est pas une alerte traitée.
Les données en ligne sont-elles incluses ? Vérifiez la messagerie et les espaces de fichiers hébergés, ainsi que ce qui peut effectivement être restauré.